samedi, février 14, 2009

La mixtape d'outre tombe


La sélection parle d'elle-même, et ce qu'elle dit ne veut rien dire. La preuve :

1/ Tom Dissevelt - Syncopation (Alternate Version)
2/ Chateau Flight - Grn Aventurine
3/ Mathématiques Modernes - Jungle Hurt
4/ Alan Braxe et Fred Falke - Arena
5/ Pluxus - Bootstrap
6/ Camille Sauvage - Enferissimo
7/ Brooks - Tell Somebody About Us
8/ They Came From The Stars I Saw hem - The Hot Inc. (MoscoW Dub Remix)
9/ Baby Oliver - Shot Caller
10/ Rossell Feat. Emma - Dancing With Strangers feat. Emmma (Lifelike Mix)
11/ Hiltmeyer. Inc. - Synthipopu
12/ Pino Donaggio - Through The Streets Of Venice
13/ Paul Mc Cartney & Wings - Uncle Albert/Admiral Halsey

Cliquète donc par ici, si ça te tente

mardi, novembre 25, 2008

Il est bath


James holden : sa tête est vraiment bizarre, mais il m'est bougrement sympathique. Allez voir son site : http://www.jamesholden.org/
Le texte du 23/09/08 est vraiment nickel, je voudrais que tous les artistes racontent comme ça leur musique. en tout cas ça m'a donné vraiment envie d'écouter un remix de radiohead. Je ne croyais pas cela possible.

vendredi, mai 30, 2008

vendredi, mai 09, 2008

vendredi, avril 18, 2008

cool titre du jour :

Guillaume and the Coutu Dumont : Le Crew Normand EP

c'est un disque Karat, chez qui on avait déjà pu relever un sympathique "Les Cerveaux Lents".

Et pour faire bonne figure, un vieux titre de Guillaume and the Coutu Dumont, Les Gans, en mp3. parce qu'en plus musicalement c'est pas mal .

lundi, avril 14, 2008

Plus de pochettes DC Recordings

J'aime vraiment beaucoup la ligne graphique de ce label. ça donne envie.

samedi, mars 29, 2008

vendredi, février 22, 2008

Encore un mix

Bigre, mes copains, que je n'ai pas le temps d'écrire!

c'est bien triste.je voulais dire un mot sur le mix refusé de Justice, pour signaler le jeu qui s'y développait sur la notion de "goût", afin de souligner le privilège que les deux musiciens s'octroyait d'inclure des morceaux de musique populaire (type balavoine) à côté de trucs de variété pour connaisseurs et de morceaux électro "hype" du moment. Je voulais faire remarquer que cette tape exprimait bien l'esthétique de ce groupe qui feint de ne pas faire de différence, prérogative bien aristocratique s'il en est. mais je n'ai pas le temps en ce moment, à vous de vous faire une idée là dessus, je pense que le mix n'est pas particulièrement bien dur à télécharger, en plus c'est plutôt sympa à écouter.

j'ai juste eu le temps de faire une tape dans mon coin, avec plein de retard sur le moment où je voulais la faire. la voilà:

1. Masking - Legowelt & Unit Black Flight
2. Movin' In (Brennan Green's Movin Out mix) - Jamie Lloyd
3. I Say Mista - Tensnake
4. Fingerfood (Major Swellings Skinkerytter Miks) - Elitechnique
5. White Elephant - H.O.S.H.
6. Like A Fish In Water (Nhar Remix)-Masaya
7. Untitled A1 - Kassem Mosse
8. So Electric - Lifelike
9. Ready For The Floor - Hot Chip
10. The End (Sound Mix) - The Splash Band

à télécharger ici.

bye

vendredi, janvier 04, 2008

La mixtape de la nouvelle année

1. Rael - Ce sera beau, ce sera la Terre
2. Professor Genius - Mystery Driver
3. San Serac - Tyrant (Polygamy Boys Remix)
4. Hiem - Clubscene Popscene (A Just Us Diskopop version)
5. Shit Robot - Lonely Planet
6. Rainer Weichhold - Very Nice (Michoacan Remix)
7. Karmina - Wonder 21 (Mathew Jonson's 21 roses mix)
8. Jerry Goldsmith - Quiet Evening
9. Wendy Carlos - Orfeo Suite (Monteverdi)
10. Future Loop Foundation - The Sea And The Sky (Padded Cell Remix)
11. Dominique Leone - Clairevoyage (A Medley Performed By The 16th Rebels Of Mung)

link

Et bonne année bien sûr!

vendredi, novembre 30, 2007

Too Beautiful

La mixtape de novembre:

1/ Bobby Darin - Not For Me
2/Rodion - Electric Soca (Cosmo Vitelli remix)
3/Christian Prommer's Drumlesson - Rex Drums
4/ Alan 1 - Apollosamba
5/ The Immortals - The Ultimate Warlord
6/ Eedio - Eno
7/ L.A. Priest- Engine
8/ Mu-ziq - Droops
9 The Small Faces - Itchycoo Park
10/ Michoacan - Lovers In The Air
11/ John Foxx - Burning Car
12/Fairmont - Flight Of The Albatross
13/Maximilian Skiba - Bye Bye C64

clique pour télécharger

Avec une petite vidéo:

mercredi, octobre 31, 2007

Post citrouille

J'aime pas trop blogger deux fois en deux jours, mais je voulais marquer le coup pour Halloween, avec une petite sélection électro flippante, à écouter en tremblant et en dansant. Rien de bien rare, mais si vous ne les avez pas, chopez les.

Arpanet - Event Horizon

Stefan Goldmann - Sleepy Hollow

LFO - Jason Vorhees

The Emperor Machine - Fear Of A Woman

Legowelt - Dimension Doors

Je pense me remater ça ce soir, c'est mon chouchou (y compris pour son excellente musique):

mardi, octobre 30, 2007

Resistance non futile

Hello,

Vous avez peut-être déjà lu l'excellente (et rarissime, le journaliste dans la version papier de l'article relate le périple ayant précédé l'entretien, qui a failli ne pas avoir lieu) interview de Mike Banks, plus connu sous le pseudo Mad Mike, grand manitou d'Underground Resistance (site mignon à cliquer ici). J'avais déjà mentionné la fraîcheur de ses propos il y a quelques mois, et ce que j'ai lu dans The Wire m'a conforté dans ma sympathie profonde envers cette personne. Plus d'une remarque me semblent aussi simples que pertinentes:

1/ on mentionne souvent le fait que la techno est née à Detroit, ville industrielle par excellence, et en général ça aboutit à des platitudes sur l'influence que ça a pu avoir sur l'esthétique musicale de ces artistes. Ici, Mad Mike choisit de développer un parallèle plus riche entre la situation de l'industrie automobile de Detroit au sein de l'industrie automobile mondiale et la place qu'occupe la techno de Detroit au sein de l'économie musicale électronique mondiale. L'homologie est intéressante, d'autant plus qu'elle rattache la vitalité commerciale de la techno a une approche particulière de la technologie comme base de la popularité de sa musique. Au fond, musicalement, la techno de detroit n'a pas révolutionné la façon d'écrire de la musique, mais a su cristalliser un mode de production original, détaché de l'approche intrumentiste conventionnelle, qui utilisait les outils électroniques comme simple intermédiaires pour réaliser les idées écrites au préalable. C'est comme ça qu'on peut comprendre que Mad Mike assemble un petit "bullshit museum" où il expose les vieilles machines utilisées par les figures historiques de la techno de Detroit. ça m'a rappelé une discussion que j'avais eue avec un ami où on se disait que, dans certains cas, ce qui définit un genre en musique électronique, ce n'est pas un set de qualité esthétiques (la disco par exemple, est définie dans la wikipedia ainsi "Disco songs usually have soaring, often reverberated vocals over a steady four-on-the-floor beat, an eighth note (quaver) or sixteenth note (semi-quaver) hi-hat pattern with an open hi-hat on the off-beat, and a prominent, syncopated electric bass line. Strings, horns, electric pianos, and electric guitars create a lush background sound. Orchestral instruments such as the flute are often used for solo melodies, and unlike in rock, lead guitar is rarely used"), ni par un usage social (comme la "house music" dont le nom est tributaire de l'
endroit où elle était jouée) ni même un dispositif technique particulier (des pratiques comme le clicks'n'cuts par exemple), mais un certain rapport à la technologie de production. Ainsi, entre les vieux classiques de house façon chicago des années 80 et la première génération de techno de Detroit, il n'y a pas de grande différence musicale. Pourtant, quand le terme "techno music" est apparu, il a su mettre en évidence le changement de paradigme qui fonde la grande influence de ce terme sur la musique électronique. En réalité, aucun outil spécifique n'avait été créé, mais l'idée de développer sa musique en prenant strictement le parti pris des machines a suffi à faire naître un genre nouveau, déclinable à l'infini en sous-genres divers. Ce effet de cristallisation du concept explique à mon sens la permanence de l'idée selon laquelle la musique électronique est un genre tout récent, apparu dans les années quatre-vingt, les travaux antérieurs étant relégués au statut d'influences et de pionniers.

2/ Mad Mike donne des explications sur sa politique d'anonymat qui diffèrent des interprétations très abstraites qu'on en donne parfois (souvent axées autour d'une dissolution de la figure de l'artiste au profit de la musique "pure"; en réalité, si ça peut coller à des projets tels que Drexciya, ça ne cadre pas vraiment avec la vision très humaine de Mad Mike, même s'il évoque aussi cet aspect): il perçoit qu'une forme de transaction symbolique s'instaure entre les consommateurs de sa musique et les producteurs, et essaye de maintenir une aura de mystère qui accroît le capital-prestige de sa musique. Raisonnement très terre à terre mais manifestement efficace, vu la longévité du label. Il revient sur ce point à plusieurs reprises, et distingue assez finement le besoin d'avoir une figure d'autorité forte (un label qui fonctionne littéralement comme une étiquette, un producteur charismatique) et le danger d'avoir une musique dépendante d'un personnage dont les caractéristiques finiraient par déborder la musique elle-même.

3/ Il maintient sa conception très utopiste de la fonction politique de la musique, ce qui d'autant plus louable qu'il est très impliqué dans le tissu social de sa ville, et donc au fait des réalités de la vie. Underground Resistance fonctionne parfaitement comme une petite entreprise brassant des enjeux très divers: il y a une dimension économique, en ce sens que le label est vraiment là pour aider des musiciens à payer les factures en leur assurant une visibilité suffisante, une dimension symbolique, en ce sens que le label entend développer un certain discours sur la société, et une dimension plus simplement sociale, qui concerne l'action très spécifique du label sur son contexte propre, Detroit. C'est pourquoi Mad Mike insiste autant sur le feedback qu'il reçoit, et sur le poids que cette popularité très forte quoique spécifique donne à sa propre parole dans sa ville. à la fin de l'entretien on comprend vraiment pourquoi il croit que la musique peut changer les choses; il agit vraiment en conséquence de ce principe. L'excellence musicale (il réfléchit en terme de nécessité naturelle à l'oeuvre dans ses morceaux, qui semble même lui échapper, à la façon du poète saisi par l'inspiration), l'exigence de produire la meilleure techno possible, compte vraiment dans son action sociale.

4/ Sans vraiment le formaliser, Mad Mike offre quelques idées intéressantes sur la façon dont la musique transite, crée de l'information et ouvre des perspectives. ça l'amène a percevoir des phénomènes abstraits comme les différentes échelles de la mobilité urbaine à travers son activité de musicien, par exemple; tant et si bien qu'il en arrive à interpeller des personnalités politiques pour critiquer des projets de construction de route, pour promouvoir un développement des transports en commun de proximité. Il rattache cette prise de conscience à sa propre activité de voyageur, directement liée à son activité de musicien.

5/ j'aime le fait qu'il s'applique à faire qu'Underground Resistance reste une entité dont le but principal est de sortir des disques. ce qu'ils font plutôt bien en plus. Et comme le journaliste de The Wire, je vais laisser le mot de la fin à Mad Mike: "We're still making cutting edge shit, man, it's wild shit, man, it's raw, I love that ghetto perspective on space and time and the future, because it's warped like a motherfucker, and as long as they're making it, I'll put it out."

Et pour finir, une deuxième fois, ce message, une tape de bon aloi:

"Transaction annulée":
1. Lawrence - Rabbit Tube (Dj Koze remix)
2. Someone Else - Carespray
3. Stimming - Get out of something
4. Three Dog Night - It's for you
5. Box Codax - Rat Boy (Mock & Toof mix)
6. Toby Tobias - A Close shave (Brontosaurus remix)
7. Fabrice Lig - X-Slaves who changed the world
8. FPU - Seven Of Nine
9. Jori Hulkonnen - Fermi Paradox
10. Marco Passarani - Clair

clique pour l'avoir




samedi, octobre 20, 2007

Joyeux Anniversaire!

Joyeux anniversaire, disque.

tu portes bien tes 26 ans. bel âge, par ailleurs.

je vais revoir ton mindbending clip, pour commémorer l'évènement:

dimanche, septembre 30, 2007

livraison mensuelle

Une petite mixtape de 55 min, pour garder le rythme. La sélection ne frappe pas par sa cohérence, mais c'est ce que j'écoute en ce moment.

tracklist:
1. Roy Orbison - Only The Lonely (Know The Way I Feel)
2. Black Mustang vs. Kerrier District - Mad As Hell
3. Tensnake - Mad Dog
4. Division By Zero - Boulderdash
5. Photocall - Silver Clouds
6. Bangkok Impact - Junge Dame (Bangkok Impact Remix)
7. Cosmo Vitelli - Delayer
8. Kuniyuki- Earth Beats (Chateau Flight main mix)
9. Jean-Jacques Perrey & Luke Vibert - Moog Acid (Jackson Mix)
10. Artist Unknown - Masheen

vendredi, septembre 21, 2007

Un peu de musique virile...

...avant d'aller voir chabal casser du rouquin, avec un petit clip de Dennis Parker. On peut entendre le morceau dans la dernière émission de Beats In Space, avec Citizen Kane (c'est lui qui joue le morceau) et les deux gars de Metro Area. Vivement recommandé, of course. Il semblerait d'après un rapide coup de google que le Dennis en question soit un acteur de cul décédé. Etonnant non?


jeudi, septembre 20, 2007

An Apple A Day...

En vrac:

L'excellente série de photos permettant de voir les living-rooms des djs allemands, le lien est dans les liens, vient apparemment de recevoir un successeur. Dans la première série j'avais bien aimé le studio de Dj Koze, avec sa vieille sandale qui traînait au premier plan. Dans la deuxième partie je retiendrai le fauteuil orange de Michael Reinboth, dans un océan de disques, le siège pdg et la table de bois sombre de Dixon, et la chambre de Dominik Eulberg qui donne l'impression qu'il vit encore chez ses parents, avec son petit lit douillet à droite. C'est vraiment très sympa à mater, ça permet d'avoir une appréciation un peu plus complète des modes de vie qui se rapportent à ces musiques. On peut voir si l'espace est structuré par le travail, l'écoute, le confort, ou simplement l'effet esthétique recherché. Forcément on rattache ça à ce qu'on connaît de ces musiciens, et ça influence l'écoute future de leur morceaux. Il me sera difficile de ne pas trouver la musique de Steve Bug un peu clinique et aride à l'avenir. A l'inverse, je serai désormais tenté en écoutant du Âme de me poser dans un bon siège et de me décapsuler une petite bière en m'imaginant être dans son salon à mater sa petite télé.

Pour poursuivre dans les plaisirs des yeux, j'ai envie de crier mon amour pour les pochettes des disques DC Recordings:





Je ne sais pas qui est l'auteur de ces superbes pochettes, mais en tout cas, il me donne sacrément envie d'acheter ces beautés en vynil. Il est de plus en plus difficile de vraiment avoir envie d'acheter de la musique. J'y reviendrai dans les prochains jours. Pas envie de m'étaler là dessus maintenant, je suis fatigué.

Pour finir, je vous donne gratos un morceau qui ne m'a rien coûté. En fait je vais même vous renvoyer vers la page où on peut le choper: le myspace de Roland Appel. Vous avez peut-être entendu son morceau Dark Soldier, qui reçoit des éloges en pagaye depuis quelques mois. Fort joli morceau ma foi, quoique le côté très solennel peut rebuter au début. Vous pouvez l'écouter sur le myspace. En dessous vous verrez un "Too Shy 2007 R.A. edit", qu'il donne librement. Il s'agit en fait d'un remix pirate du tube de Kajagoogoo, façon deep house, entièrement instrumental. Très mélodramatique, avec de la slap bass en pagaille, des nappes de synthés très enveloppantes, des riffs de synthé entraînants, des échos de guitares électriques qui montent et disparaissent régulièrement, c'est vraiment un chouette morceau, qui étend l'original sur sept minutes, de façon très sérieuse et pourtant avec toute la cheesyness de Kajagoogoo.

Kajagoogoo vs R.A. - Too Shy

Et l'original:


Bye

jeudi, septembre 13, 2007

Post semi-cochon

salut.
Je voulais faire un post spécial 11 septembre, le 11 septembre, mais depuis deux-trois jours je suis dans un état proche de l'Ohio, et ça m'est sorti de la tête. Bah, mieux vaut tard que jamais. Je me suis souvenu de Chris Korda, musicien (un temps affilié à International Deejay Gigolo Records) et fondateur de la Church Of Euthanasia. Il avait enregistré une chanson sur les attentats contre le World Trade Center. J'avais oublié à quel point ce morceau était fêlé. Sur son site vous trouverez le mp3, l'interview détaillant le message politique du truc, et un clip (fortement déconseillé aux enfants, pour cause de plans répétés de quéquette vivement sécouée). Les non-anglophones peuvent même retrouver une autre interview dans la langue de Poivre d'Arvor. Dans un autre registre, j'ai ajouté un lien à visiter, pour les fans de Richie Hawtin, Ricardo Villalobos, et consorts. C'est Ubercoolische. (merci à The Wire et Pierre, définitivement minimalicious). extrait (à la boulangerie):

Richie: Ricardo what kind of pastry should I get?
Ricardo: Well Richie I think the coolest pastry at the moment is definitely the eccles cake.
Magda: Ricardo, they dont have eccles cakes here, this is Ubercool Berlin, third coolest place in the world after Peckham and Bournemouth.
Richie: Well how about a hot cross bun but without the cross, you know like a deconstructed non-religious version. With just a little cinnamon and really plump juicy raisins in it. Kinda cool and minimal...
Magda: Richie, I think youve just hit on the coolest cake since the last coolest cake we got here!
Richie: Magda, how fucking cool is this?
Magda: Pretty fucking cool, Richie, and not just cool, but minimal cool!


à peluche.

samedi, août 25, 2007

Notes estivales

Calabi-Yau!

Bonjour à tous
Après un mois sans communication téléphonique, sans internet, à bouffer des barbecues approximatifs étrangement préparés par mon père, à lire le télétexte la nuit en sirotant une bière, à bouquiner des choses mystérieuses sorties de cartons inconnus, à écouter les 700 et quelques mp3 jamais lus dans mon ordi, à revivre le parcours poignant des Beatles en intégralité, à chercher le meilleur porte-clés possible dans la maison, je suis parvenu aux conclusions suivantes:
  • L'autobiographie de Frank Zappa est très recommandable. Il y expose des vues pleines de bon sens, telle sa déposition lue devant une commission de sénateurs américains pour statuer sur l'étiquettage des disques à caractères licencieux, dans laquelle il explique qu'une loi anti-masturbation coûterait très cher et risquerait de remplir les prisons trop vite. Il explique aussi dans ce livre avoir baptisé un de ses enfants du surnom donné à un des orteils de sa femme. Et pour tous ceux qui se demandent pourquoi Captain Beefheart s'appelait ainsi, la réponse est dans ce livre, de la bouche même de Zappa. à lire.
  • écouter trois albums d'Animal Collective à la suite donne la migraine.
  • Le deuxième album de l'année sorti par Matthew Dear est très bon pour écouter à fond chez soi. d'une traite.
  • L'article de Philippe Coulangeon sur la stratification sociale des goûts musicaux, trouvé par hasard sur le net, est aussi illisible dans ses outils statistiques que clair dans ses rappels théoriques. Plus de détails après.
  • La nouvelle version d'Intervilles n'est pas très bien. Coup de chapeau à Monsieur Lepers malgré tout. Quel talent! Je pense par ailleurs que Marseille a ourdi un complot assez vilain pour disqualifier les candidats de Nîmes au mur des champions.
  • L'album de Black Strobe est définitivement bizarre.
  • Phantom part II de Justice est aussi sympa que la part I était irritante.
  • Quand Uffie se met à chanter j'ai envie de me crever les tympans avec un tournevis rouillé.
  • L'album de Pantha du Prince est un puissant narcotique.
  • Je n'ai pas la moindre idée de la façon dont If you leave me now de Chicago s'est retrouvé dans mon disque dur.
  • Bon film: A Boy And His Dog. Ne pas louper les dernières minutes.
  • Les petits mixs d'Optimo à choper sur leur site web sont vraiment chouettes.
  • Regarder le foot en crypté sur canal plus, c'est pas si mal, au fond.
  • Trouver du Dr Pepper au supermarché peut être le point culminant d'une semaine de vacances.
  • Le remix de Shackleton par Villalobos est très chouette.
  • D'après Pierre Bourdieu, la banane est aux fruits ce que le haricot blanc est aux légumes. Dans la même page (La distinction p. 20), il offre également les bases d'une sociologie des céréales. Avis aux chercheurs oisifs.
  • I'm A Cliché est un très bon label, malgré son nom et la présence d'un disque de Tacteel dans son catalogue.
  • France 3 aquitaine n'a pas parlé de la mort de Tony Wilson... Je l'apprends avec deux semaines de retard. J'étais allé le voir en conférence à Lyon, il y a trois ans. Il avait été vraiment passionnant...
  • j'ai décidé de changer de police pour les articles. On se lasse de tout à force.
Un peu de lecture:

Pour ce qui est de l'article (à télécharger en pdf) évoqué plus haut, "la stratification sociale des goûts musicaux", de Philippe Coulangeon, revue française de sociologie, 2003, qui se veut une spécification de la thèse développée dans les premiers chapitrees de
la distinction de Pierre Bourdieu, je retiens sept points pour l'avenir:

1. les goûts musicaux sont une caractéristique particulièrement classante (en tant que culture non scolaire) socialement. cf.
La Distinction
2. Peterson et Simkus, 1992, avancent l'idée selon laquelle l'éclectisme caractérise les goûts musicaux des classes dominantes ; c'est du moins la dynamique actuelle. L'attirance exclusive pour les arts savants renvoie à une forme de snobisme. (≠
La Distinction, Bourdieu y soutient que les formes de cultures les plus légitimes sont les plus classantes).
3. Dictinction entre produits consommés et manières de consommer, ainsi, le goût des classes dominantes pour les arts populaires relèvent d'un « privilège de symétrie dont disposent les dominants », en d'autres termes, un « droit de cuissage symbolique » (Grignon et Passeron, 1989).
4. Distinction entre les définitions génériques s'appuyant sur des critères esthétiques et celles qui prennent en compte des critères fonctionnels
5. L'importance de l'éclectisme n'est flagrante que si on la complète par une combinatoire des genres musicaux écoutés. L'éclectisme total n'existe pas de manière significative. (cf
La Distinction, dont l'étude statistique sur les goûts musicaux permet de voir qu'à l'intérieur de chaque genre musical se rejoue la hiérarchie de la légitimité).
6. Peterson et Simkus: trois phases dans l'anoblissement d'un genre, la
folk phase, phase d'identification communautaire, la pop phase, phase d'industrialisation massive de la production, et la fine arts phase, phase d'adoubement élitaire
7. l'éclectisme est, selon l'analyse statistique de Coulangeon, propre à un certain niveau économique. Cette contrainte économique, cela étant, ne s'exerce pas avec la même force selon le genre musical concerné.

En conclusion, il semble que la spécification apportée par l'article est une justification, par des statistiques relativement récentes, portant sur des auditeurs français, de la thèse de Peterson et Simkus, qui corrige la thèse de Bourdieu en minimisant l'importance de la légitimité des produits culturels dans la constitution des goûts. Selon Bourdieu, une production populaire ne peut être valorisée aux yeux d'une personne éduquée que si, dans son propre domaine (par exemple la musique électronique), elle a reçu une certaine forme de légitimation (par exemple, la musique d'Aphex Twin depuis qu'il a été invité par Stockhausen à jouer dans son festival). Coulangeon démontre que l'éclectisme des classes dominantes n'implique pas nécessairement cette validation annonciatrice de reconnaissance institutionnelle ; cela étant, cet éclectisme reste un privilège de classe. (nota bene: je ne vois pas trop en fait en quoi cela diffère de la thèse de Bourdieu, ça me semble être en fait exactement ce qu'il dit).
Pour ce qui est de la musique électronique, je pense que les points évoqués peuvent être facilement vérifiés:
1. la prédilection des journaux musicaux, de The Wire à Trax en passant par les Inrocks ou Pitchfork Media, pour les portraits en blind test ou en inventaires discographiques confirme l'hypothèse première.
2. Le contenu de ces portraits valide la seconde hypothèse (cf. portrait de James Murphy). Un blog tel que celui des Dirty Soundsystems, collaborateurs de Colette, prouve également le prestige de l'éclectisme.
3. Je me souviens d'une exposition Ninja Tune au Palais de Tokyo, preuve de l'attirance des lieux institutionnels huppés pour les musiques urbaines populaires. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres du « privilège de symétrie » des classes dominantes. Je suis sûr que vous avez vos propres exemples.
4. Le discours critiques sur la musique électronique mêle en effet des catégories classant la musique selon des caractéristiques esthétiques (house, techno, electro, etc) et des catégories classant selon la fonctionnalité, le mode de consommation (intelligent techno, IDM, dance, etc).
5. L'institution (revue, salle, label, etc) la plus éclectique n'est jamais complètement éclectique: un label aux activités et aux musiques aussi variées que Jarring Effects ne proposera pas de house filtrée façon French Touch, irréconciable avec ses prétentions politiques. De même, le Paris Paris ne propose pas de créneaux aux formes de musiques promues par Jarring Effects, même si des recoupements partiels sont possibles.
6. L'histoire de la techno valide cette affirmation numéro 6. La fac de musicologie de Rennes propose même un cours sur la techno.
7. Il est évident que l'éclectisme coûte des sous ; pas tant pour se procurer la musique, grâce aux téléchargements, que pour acquérir un tant soi peu de discours sur les musiques écoutées, sans quoi l'éclectisme serait purement arbitraire. Il faut donc, au minimum, acheter des revues, aller à des concerts, où on est susceptible de discuter avec des spécialistes, et se procurer quand même quelques disques, pour concrétiser son attachement aux genres pratiqués et avoir quelques gages de bonne foi mélomane.

J'en profite pour rajouter cet article de Laurent Tessier, daté de 2003. Il ne s'appuie malheureusement pas sur des éléments statistiques ni sur une enquête très méthodique, mais offre quelques pistes intéressantes sur le versant politique des cultures techno, en prenant pour objet les free parties. On peut déplorer quelques facilités, le rappel historique clairement orienté à la faveur de la thèse soutenue, par exemple (et pourtant l'auteur rappelle la difficulté réelle de tracer une histoire de la techno), ou le parallèle douteux entre les politiques publiques de gestion de la toxicomanie et la legislation sur les fêtes techno.
Ce qui me paraît surtout intéressant, c'est la volonté, que l'on peut relever dans de nombreux essais de théorisation des phénomènes techno, de vouloir poser la question de la dimension collective. Comme toute scène musicale, la musique électronique s'appuie sur un réseau de structures sociales spécifiques: labels, associations, salles de spectacles, boîtes, forums internet, presse spécialisée, etc. Laurent Tessier réfute la lecture communautariste du mouvement techno proposée par Michel Maffesoli (la fête techno comme retour de l'imaginaire orgiaque hippie), mais ne manque pas lui même de passer de la consommation musicale à la revendication d'un mode de vie collectif, fût-il l'opposé de celui décrit par Maffesoli. Pourtant, il ne me semble pas évident de vouloir voir de la communauté, qui plus est homogène dans toutes ces structures. Au fond, s'il y a un modèle social techno, à quoi ressemble-t-il? Dur à dire. C'est là que l'article de Tessier me paraît plus convaincant: il repère bien le caractère ad hoc du contenu idéologique des free parties, assemblage plus ou moins original de contre-culture punk et de collectivisme alter-mondialiste. Il relève, par exemple, que le collectif Technopol est né d'un besoin des organisateurs de lutter contre l'association des patrons de boîtes de nuit lyonnaises, leur rival auprès de la préfecture, et non pas d'une volonté de fédération communautaire. Chercher à lire un modèle politique dedans reviendrait à occulter l'implication très sporadique des différentes acteurs dans ce milieu (seule une fraction infime des teufeurs en font leur vie) et sur la dimension proprement élitaire de ce milieu, qui s'affiche comme réseau d'initiés.
Quoi qu'il en soit, ça mérite d'être lu et ça fait réfléchir aux connexions entre une scène musicale donnée et son contexte social d'écoute. Par exemple, qu'est-ce qu'un label? Voilà une sacrée question.

En vrac:
  • Au détour d'une rediffusion nocturne de Capital, j'ai appris que David Guetta facture ses prestations de Dj jusqu'à 25000€, que Bob Sinclar lui fait une ristourne quand il se produit dans les soirées Guetta, soit seulement 15000€ (même si dans le reportage, à la question « jouez-vous gratuitement pour votre ami David? », il répond « Bien sûr. ». C'est Guetta lui-même qui rectifie ce détail financier devant la caméra.), qu'une soirée Guetta à Ibiza coûte 35000€ à organiser et qu'elle rapporte un peu moins d'un tiers du cachet de David en bénéfice. Apparemment les bénéfices sont plus symboliques que financiers, une bonne soirée à Ibiza permet de faire fructifier par la suite les autres produits Guetta: prestations dj, parfums, disques, restaurants. On y a vu aussi David nous présenter son set-up de producteur, et soutenir qu'avec 5000€ de budget on est équipé à vie (il dispose visiblement d'une platine cd, d'un portable mac et d'un controller midi), ce qui ne manque pas de sel de la part d'un type qui devant les mêmes caméras de M6 il y a quelques années ne faisait pas mystère du fait qu'il ne produit pas lui-même sa musique (on le voyait donner ses consignes à Joachim Garraud et expliquer qu'il ne lui paraissait pas utile de faire lui-même ce que Garraud pouvait faire mieux et plus vite). Il nous a expliqué comment il en est venu à sortir son remix de Bowie (qui aurait « adoré » son remix), en expliquant que ce single était co-produit par lui et le management Bowie. D'après le journaliste, il perçoit 5% des royalties du morceau. Je ne sais pas si vous avez regardé, en tout cas, c'était rigolo, il force la sympathie le bougre, il faut bien l'avouer.
  • Un jour, j'ai vu un reportage sur Justice dans le journal de 20h de TF1. On les présentait comme le nouveau phénomène de la musique électronique (et la présentatrice, Lapix, s'est empressé d'ajouter, « une fois de plus, ce sont des français »). On les a vus toucher leurs ordis en public et parler autour d'un petit verre backstage, ils expliquaient que leur succès était dû au fait que, n'ayant pas de background electro, ils n'avaient pas à assummer l'héritage militant de ces genres. C'était étonnant comme réponse, la question devait être bizarrement tournée. Le journaliste en voix off soulignait aussi que le symbole de la croix contribuait au succès; le reportage concluait ainsi sur les visuels du groupe, un des deux gars disant qu'ils collaboraient étroitement avec un graphiste (leur profession initiale) pour définir « l'identité picturale » du groupe.

Et enfin, j'ai bricolé un deuxième mix, en assemblant une douzaine de morceaux dans Ableton Live. C'est un peu comme un film pour les oreilles, un film qui retranscrit avec brio l'intensité de ce moment délicat qu'est l'épreuve du feu de camp.



1. Ennio Morricone - Victima Pascbali Laudes
2. Cosmo Vitelli - Delayer (Quiet Village Remix)
3. Force Of Nature - Liberate
4. Jan Hammer - Crockett Theme
5. Antenna - Camino Del Sol (Todd Terje Remix)
6. Tricky Disco - Tricky Disco (Plone Remix)
7. Lucien N. Luciano - Una Cancion
8. Naughty - World Of A Woman
9. Random Factor - Convergence
10. Stereo Total - Das Erste Mal (Justus Kohncke Remix)
11. Afx - Analogue Bubblebath 4 (Track 2)
12. Baby Oliver - Hypocondriac
13. Chicago - If You Leave Now

c'est là: clic

bye