vendredi, avril 18, 2008
cool titre du jour :
c'est un disque Karat, chez qui on avait déjà pu relever un sympathique "Les Cerveaux Lents".
Et pour faire bonne figure, un vieux titre de Guillaume and the Coutu Dumont, Les Gans, en mp3. parce qu'en plus musicalement c'est pas mal .
mercredi, octobre 31, 2007
Post citrouille
Arpanet - Event Horizon
Stefan Goldmann - Sleepy Hollow
LFO - Jason Vorhees
The Emperor Machine - Fear Of A Woman
Legowelt - Dimension Doors
Je pense me remater ça ce soir, c'est mon chouchou (y compris pour son excellente musique):
samedi, août 25, 2007
Notes estivales
Bonjour à tous
- L'autobiographie de Frank Zappa est très recommandable. Il y expose des vues pleines de bon sens, telle sa déposition lue devant une commission de sénateurs américains pour statuer sur l'étiquettage des disques à caractères licencieux, dans laquelle il explique qu'une loi anti-masturbation coûterait très cher et risquerait de remplir les prisons trop vite. Il explique aussi dans ce livre avoir baptisé un de ses enfants du surnom donné à un des orteils de sa femme. Et pour tous ceux qui se demandent pourquoi Captain Beefheart s'appelait ainsi, la réponse est dans ce livre, de la bouche même de Zappa. à lire.
- écouter trois albums d'Animal Collective à la suite donne la migraine.
- Le deuxième album de l'année sorti par Matthew Dear est très bon pour écouter à fond chez soi. d'une traite.
- L'article de Philippe Coulangeon sur la stratification sociale des goûts musicaux, trouvé par hasard sur le net, est aussi illisible dans ses outils statistiques que clair dans ses rappels théoriques. Plus de détails après.
- La nouvelle version d'Intervilles n'est pas très bien. Coup de chapeau à Monsieur Lepers malgré tout. Quel talent! Je pense par ailleurs que Marseille a ourdi un complot assez vilain pour disqualifier les candidats de Nîmes au mur des champions.
- L'album de Black Strobe est définitivement bizarre.
- Phantom part II de Justice est aussi sympa que la part I était irritante.
- Quand Uffie se met à chanter j'ai envie de me crever les tympans avec un tournevis rouillé.
- L'album de Pantha du Prince est un puissant narcotique.
- Je n'ai pas la moindre idée de la façon dont If you leave me now de Chicago s'est retrouvé dans mon disque dur.
- Bon film: A Boy And His Dog. Ne pas louper les dernières minutes.
- Les petits mixs d'Optimo à choper sur leur site web sont vraiment chouettes.
- Regarder le foot en crypté sur canal plus, c'est pas si mal, au fond.
- Trouver du Dr Pepper au supermarché peut être le point culminant d'une semaine de vacances.
- Le remix de Shackleton par Villalobos est très chouette.
- D'après Pierre Bourdieu, la banane est aux fruits ce que le haricot blanc est aux légumes. Dans la même page (La distinction p. 20), il offre également les bases d'une sociologie des céréales. Avis aux chercheurs oisifs.
- I'm A Cliché est un très bon label, malgré son nom et la présence d'un disque de Tacteel dans son catalogue.
- France 3 aquitaine n'a pas parlé de la mort de Tony Wilson... Je l'apprends avec deux semaines de retard. J'étais allé le voir en conférence à Lyon, il y a trois ans. Il avait été vraiment passionnant...
- j'ai décidé de changer de police pour les articles. On se lasse de tout à force.
Pour ce qui est de l'article (à télécharger en pdf) évoqué plus haut, "la stratification sociale des goûts musicaux", de Philippe Coulangeon, revue française de sociologie, 2003, qui se veut une spécification de la thèse développée dans les premiers chapitrees de la distinction de Pierre Bourdieu, je retiens sept points pour l'avenir:
1. les goûts musicaux sont une caractéristique particulièrement classante (en tant que culture non scolaire) socialement. cf. La Distinction
2. Peterson et Simkus, 1992, avancent l'idée selon laquelle l'éclectisme caractérise les goûts musicaux des classes dominantes ; c'est du moins la dynamique actuelle. L'attirance exclusive pour les arts savants renvoie à une forme de snobisme. (≠ La Distinction, Bourdieu y soutient que les formes de cultures les plus légitimes sont les plus classantes).
3. Dictinction entre produits consommés et manières de consommer, ainsi, le goût des classes dominantes pour les arts populaires relèvent d'un « privilège de symétrie dont disposent les dominants », en d'autres termes, un « droit de cuissage symbolique » (Grignon et Passeron, 1989).
4. Distinction entre les définitions génériques s'appuyant sur des critères esthétiques et celles qui prennent en compte des critères fonctionnels
5. L'importance de l'éclectisme n'est flagrante que si on la complète par une combinatoire des genres musicaux écoutés. L'éclectisme total n'existe pas de manière significative. (cf La Distinction, dont l'étude statistique sur les goûts musicaux permet de voir qu'à l'intérieur de chaque genre musical se rejoue la hiérarchie de la légitimité).
6. Peterson et Simkus: trois phases dans l'anoblissement d'un genre, la folk phase, phase d'identification communautaire, la pop phase, phase d'industrialisation massive de la production, et la fine arts phase, phase d'adoubement élitaire
7. l'éclectisme est, selon l'analyse statistique de Coulangeon, propre à un certain niveau économique. Cette contrainte économique, cela étant, ne s'exerce pas avec la même force selon le genre musical concerné.
En conclusion, il semble que la spécification apportée par l'article est une justification, par des statistiques relativement récentes, portant sur des auditeurs français, de la thèse de Peterson et Simkus, qui corrige la thèse de Bourdieu en minimisant l'importance de la légitimité des produits culturels dans la constitution des goûts. Selon Bourdieu, une production populaire ne peut être valorisée aux yeux d'une personne éduquée que si, dans son propre domaine (par exemple la musique électronique), elle a reçu une certaine forme de légitimation (par exemple, la musique d'Aphex Twin depuis qu'il a été invité par Stockhausen à jouer dans son festival). Coulangeon démontre que l'éclectisme des classes dominantes n'implique pas nécessairement cette validation annonciatrice de reconnaissance institutionnelle ; cela étant, cet éclectisme reste un privilège de classe. (nota bene: je ne vois pas trop en fait en quoi cela diffère de la thèse de Bourdieu, ça me semble être en fait exactement ce qu'il dit).
Pour ce qui est de la musique électronique, je pense que les points évoqués peuvent être facilement vérifiés:
1. la prédilection des journaux musicaux, de The Wire à Trax en passant par les Inrocks ou Pitchfork Media, pour les portraits en blind test ou en inventaires discographiques confirme l'hypothèse première.
2. Le contenu de ces portraits valide la seconde hypothèse (cf. portrait de James Murphy). Un blog tel que celui des Dirty Soundsystems, collaborateurs de Colette, prouve également le prestige de l'éclectisme.
3. Je me souviens d'une exposition Ninja Tune au Palais de Tokyo, preuve de l'attirance des lieux institutionnels huppés pour les musiques urbaines populaires. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres du « privilège de symétrie » des classes dominantes. Je suis sûr que vous avez vos propres exemples.
4. Le discours critiques sur la musique électronique mêle en effet des catégories classant la musique selon des caractéristiques esthétiques (house, techno, electro, etc) et des catégories classant selon la fonctionnalité, le mode de consommation (intelligent techno, IDM, dance, etc).
5. L'institution (revue, salle, label, etc) la plus éclectique n'est jamais complètement éclectique: un label aux activités et aux musiques aussi variées que Jarring Effects ne proposera pas de house filtrée façon French Touch, irréconciable avec ses prétentions politiques. De même, le Paris Paris ne propose pas de créneaux aux formes de musiques promues par Jarring Effects, même si des recoupements partiels sont possibles.
6. L'histoire de la techno valide cette affirmation numéro 6. La fac de musicologie de Rennes propose même un cours sur la techno.
7. Il est évident que l'éclectisme coûte des sous ; pas tant pour se procurer la musique, grâce aux téléchargements, que pour acquérir un tant soi peu de discours sur les musiques écoutées, sans quoi l'éclectisme serait purement arbitraire. Il faut donc, au minimum, acheter des revues, aller à des concerts, où on est susceptible de discuter avec des spécialistes, et se procurer quand même quelques disques, pour concrétiser son attachement aux genres pratiqués et avoir quelques gages de bonne foi mélomane.
J'en profite pour rajouter cet article de Laurent Tessier, daté de 2003. Il ne s'appuie malheureusement pas sur des éléments statistiques ni sur une enquête très méthodique, mais offre quelques pistes intéressantes sur le versant politique des cultures techno, en prenant pour objet les free parties. On peut déplorer quelques facilités, le rappel historique clairement orienté à la faveur de la thèse soutenue, par exemple (et pourtant l'auteur rappelle la difficulté réelle de tracer une histoire de la techno), ou le parallèle douteux entre les politiques publiques de gestion de la toxicomanie et la legislation sur les fêtes techno.
Ce qui me paraît surtout intéressant, c'est la volonté, que l'on peut relever dans de nombreux essais de théorisation des phénomènes techno, de vouloir poser la question de la dimension collective. Comme toute scène musicale, la musique électronique s'appuie sur un réseau de structures sociales spécifiques: labels, associations, salles de spectacles, boîtes, forums internet, presse spécialisée, etc. Laurent Tessier réfute la lecture communautariste du mouvement techno proposée par Michel Maffesoli (la fête techno comme retour de l'imaginaire orgiaque hippie), mais ne manque pas lui même de passer de la consommation musicale à la revendication d'un mode de vie collectif, fût-il l'opposé de celui décrit par Maffesoli. Pourtant, il ne me semble pas évident de vouloir voir de la communauté, qui plus est homogène dans toutes ces structures. Au fond, s'il y a un modèle social techno, à quoi ressemble-t-il? Dur à dire. C'est là que l'article de Tessier me paraît plus convaincant: il repère bien le caractère ad hoc du contenu idéologique des free parties, assemblage plus ou moins original de contre-culture punk et de collectivisme alter-mondialiste. Il relève, par exemple, que le collectif Technopol est né d'un besoin des organisateurs de lutter contre l'association des patrons de boîtes de nuit lyonnaises, leur rival auprès de la préfecture, et non pas d'une volonté de fédération communautaire. Chercher à lire un modèle politique dedans reviendrait à occulter l'implication très sporadique des différentes acteurs dans ce milieu (seule une fraction infime des teufeurs en font leur vie) et sur la dimension proprement élitaire de ce milieu, qui s'affiche comme réseau d'initiés.
Quoi qu'il en soit, ça mérite d'être lu et ça fait réfléchir aux connexions entre une scène musicale donnée et son contexte social d'écoute. Par exemple, qu'est-ce qu'un label? Voilà une sacrée question.
En vrac:
- Au détour d'une rediffusion nocturne de Capital, j'ai appris que David Guetta facture ses prestations de Dj jusqu'à 25000€, que Bob Sinclar lui fait une ristourne quand il se produit dans les soirées Guetta, soit seulement 15000€ (même si dans le reportage, à la question « jouez-vous gratuitement pour votre ami David? », il répond « Bien sûr. ». C'est Guetta lui-même qui rectifie ce détail financier devant la caméra.), qu'une soirée Guetta à Ibiza coûte 35000€ à organiser et qu'elle rapporte un peu moins d'un tiers du cachet de David en bénéfice. Apparemment les bénéfices sont plus symboliques que financiers, une bonne soirée à Ibiza permet de faire fructifier par la suite les autres produits Guetta: prestations dj, parfums, disques, restaurants. On y a vu aussi David nous présenter son set-up de producteur, et soutenir qu'avec 5000€ de budget on est équipé à vie (il dispose visiblement d'une platine cd, d'un portable mac et d'un controller midi), ce qui ne manque pas de sel de la part d'un type qui devant les mêmes caméras de M6 il y a quelques années ne faisait pas mystère du fait qu'il ne produit pas lui-même sa musique (on le voyait donner ses consignes à Joachim Garraud et expliquer qu'il ne lui paraissait pas utile de faire lui-même ce que Garraud pouvait faire mieux et plus vite). Il nous a expliqué comment il en est venu à sortir son remix de Bowie (qui aurait « adoré » son remix), en expliquant que ce single était co-produit par lui et le management Bowie. D'après le journaliste, il perçoit 5% des royalties du morceau. Je ne sais pas si vous avez regardé, en tout cas, c'était rigolo, il force la sympathie le bougre, il faut bien l'avouer.
- Un jour, j'ai vu un reportage sur Justice dans le journal de 20h de TF1. On les présentait comme le nouveau phénomène de la musique électronique (et la présentatrice, Lapix, s'est empressé d'ajouter, « une fois de plus, ce sont des français »). On les a vus toucher leurs ordis en public et parler autour d'un petit verre backstage, ils expliquaient que leur succès était dû au fait que, n'ayant pas de background electro, ils n'avaient pas à assummer l'héritage militant de ces genres. C'était étonnant comme réponse, la question devait être bizarrement tournée. Le journaliste en voix off soulignait aussi que le symbole de la croix contribuait au succès; le reportage concluait ainsi sur les visuels du groupe, un des deux gars disant qu'ils collaboraient étroitement avec un graphiste (leur profession initiale) pour définir « l'identité picturale » du groupe.
Et enfin, j'ai bricolé un deuxième mix, en assemblant une douzaine de morceaux dans Ableton Live. C'est un peu comme un film pour les oreilles, un film qui retranscrit avec brio l'intensité de ce moment délicat qu'est l'épreuve du feu de camp.

1. Ennio Morricone - Victima Pascbali Laudes
2. Cosmo Vitelli - Delayer (Quiet Village Remix)
3. Force Of Nature - Liberate
4. Jan Hammer - Crockett Theme
5. Antenna - Camino Del Sol (Todd Terje Remix)
6. Tricky Disco - Tricky Disco (Plone Remix)
7. Lucien N. Luciano - Una Cancion
8. Naughty - World Of A Woman
9. Random Factor - Convergence
10. Stereo Total - Das Erste Mal (Justus Kohncke Remix)
11. Afx - Analogue Bubblebath 4 (Track 2)
12. Baby Oliver - Hypocondriac
13. Chicago - If You Leave Now
c'est là: clic
bye
mardi, juin 19, 2007
Traxthon
Je ne pensais pas le dire un jour, mais je suis attristé d'apprendre que Trax est sur le point de disparaître, d'après ce qu'on peut lire sur leur blog. Il serait bon de garder un peu de presse spécialisée (même si Trax avait depuis un bout de temps cessé de se centrer sur l'electro pour ramasser tout ce qui pouvait être à la mode). Je propose à mes milliers de lecteurs une opération pour redorer le blason du magazine, avant leur audience devant le tribunal: allons tous acheter avec du vrai argent l'album de Tekilatex, leur gourou ventripotent, afin que leurs représentants puissent déclarer: "mais enfin votre honneur, les gens aiment vraiment ce dont on parle! regardez les chiffres!". Bon courage, je sais que ce n'est pas un geste facile que je vous demande.
Et si jamais par malheur des esprits médisants se moquent de vous en voyant notre culbuto agressif préféré traîner sur votre étagère, n'oubliez pas de rétorquer: "oui mais c'est produit par Gonzalez". Effet garanti, les chiques se couperont instantanément. Ne vous sentez pas obligés de l'écouter pour autant. L'avenir de la presse musicale française repose sur vos épaules désormais.mercredi, juin 13, 2007
Nuits sonores, bilan
J’avais émis il y a quelques temps le souhait de faire le bilan des nuits sonores, et honnêtement l’envie m’en a passé. je vais quand même évacuer de mon bloc notes quelques impressions, un mois après:Le fait d’installer pour les trois nuits les concerts aux subsistances n’a fait finalement qu’entériner la dualité musique électronique “dance”/musique électronique “cérébrale”, la première dans la cour la seconde dans le hangar, qui caractérisait déjà les années précédentes, mais que la circulation dans les gros sites du sud de la presqu’ile atténuait. Il a manqué à la programmation du plateau “dance” un poil d’audace pour vraiment avoir l’air d’autre chose qu’une grosse usine à danse au son foireux. Le spectacle est d'ailleurs assez rigolo quand on y réfléchit (je vous renvoie à ces pages de Bourdieu que j'ai scannées, en particulier la page 116 sur la danse comme "signum social"; c'est dans Le Bal des Célibataires). Il y a eu de bons moments malgré tout (j’ai bien aimé le set très simple d’audion, certains passages de james holden, l’enthousiasme d’agoria, la précision des arrangements du live d’Apparat). je n’ai pas assisté à la troisième nuit. la perspective d’un plateau programmé par le magazine trax ne m’enchantait guère, entre autres raisons. La scène du hangar était moins fréquentée: il faut dire que les temps d’attente entre deux concerts étaient un peu longs. je ne sais pas pourquoi ils ne switchaient pas vers un dj chargé de meubler les transitions avec une installation branchée en permanence dans un coin de la salle, comme cela se fait dans de nombreuses soirées à concerts multiples. D’autre part, les performances étaient assez hasardeuses. je pense qu’en caricaturant la programmation de ce plateau orienté “alternatif” on pourrait dire que cette musique électronique consiste principalement à aligner des femmes qui crient avec des synthés vintage sur des rythmes rockabilly. Ce n'est pas totalement injuste de dire ça, à mon avis. Dans cette partie là des nuits, j’ai aimé Large Numbers, le groupe de l’ex-Add (N) to X et Stereo Total. Je me souviens avoir entendu d’autres trucs pas mal mais en relisant le programme un mois après rien de précis ne me saute à l’esprit.
-en dehors des nuits j’ai pas vu grand chose. J’avais tenté la pré-soirée sur le toit de Perrache, la première carte blanche à New York, et je me souviens que Juan MacLean avait vraiment bien assuré malgré le froid et la pluie. A ce point là de la soirée le public ne savait pas qu'il allait passer la nuit entière sous des torrents de flotte, et dansait gaiement en plein air, sous la pluie. je me suis bien amusé.
-le concert dans la chapelle de la trinité était bien.
bon, voilà tout, comme ça c’est fait. la photo de james holden vient du site des nuits sonores.
Un petit morceau pour la forme:
Tundra - The Rivulet (Jesse Somfay delysid love mix)
"Eventually the Sun Will Radiate, Nestled within its Ghostly Corona, Once More"
On peut ne pas être d'accord avec ça
mardi, mai 22, 2007
piloo piloo
En attendant un petit bilan nuancé des nuits sonores, je voulais signaler l'excellence du mix réalisé par Pilooski pour Beats In Space, à podcaster, streamer, télécharger, faites comme bon vous semble.Pour les amateurs de ce genre de sons, l'après midi du 9 juin au parc de la villette a paris devrait être pas mal: Black Devil Disco Club et Dirty Soundsystem en concert gratos dans le cadre du festival Villette sonique. j'y serai.
samedi, mai 05, 2007
Quand le paris paris se moque de la plèbe
Le Paris Paris décide se moquer un peu de la house de masse façon clamaran. le post est un peu étrange, avec cet avertissement selon lequel on doit endurer 2'30 de souffrance avant de pouvoir rigoler un bon coup. A l'arrivée, pas de quoi se claquer les jambons, mais au moins grâce à ce post, j'ai pu découvrir Grégory Talon, fan apparent du paris paris qui laisse son petit commentaire ironique. C'est bien, on fait d'une paire deux couilles: on en apprend un peu sur les mentalités des promoteurs de house populo et un peu sur la clientèle du paris paris. un clic utile en somme.
dimanche, février 18, 2007
Sottises en vrac
faute de coup de coeur décisif, je vais proposer quelques trucs à éviter:
- le dernier Trax. évidemment. Pour preuve, j'ai relevé des perles:
-on y apprend que les interviews des Clipse sont "souvent déprimantes parce que dépressives" (p.14). Dans le même article, le journaliste nous explique que la chanson "Kilo" de Ghostface Killah est une métaphore de la drogue. Métaphore? ah bon.
-La géniale question posée à Tom Pooks, pour commencer son portrait chinois (p.19): "Si tu étais un Dj, tu serais qui?", à laquelle il répond poliment: "Je le suis déjà". C'est quand même merveilleux qu'une telle ineptie soit publiée. Que la question soit posée pendant l'interview est déjà un bon indice du niveau de préparation effectuée, mais le fait qu'elle soit retenue pour la version finale me plaît encore plus.
-Blindtest de Francesco Tristano: "Tu a commencé par le piano jazz..."interruption de l'intéressé: "Pas vraiment". Dans la même page, on apprendra que Luciano Berio est "un artiste à découvrir". Merci Trax, de la part de l'histoire de la musique.
-p32, le journaliste, à la plume assassine, raille les magasins de disques qui "vendent les vyniles comme si c'était des jeans made in China". C'est vrai que c'est moins classe qu'un col roulé en cachemire de chez Kitsuné ou un sous-pull de chez Yoji Yamamoto.
-une pelletée de comparaisons absurdes dont le magazine est devenu le champion: par exemple, "genre Nina Hagen meets Steve Bug".
-la présence d'un article sur Just Jack après les éloges que le magazine professe à l'encontre du discours anti-hype de Scratch Massive.
-la "dialectique de la fureur et de la grâce"(p42). ça veut dire: de la techno accompagnée du piano. je ne déconne pas. Un peu plus bas: "les paupières frémissent avant de s'éteindre, mais c'est le piano qui pleure". no comment. je n'ose pas évoquer le paragraphe où le journaliste affirme qu'un des morceaux du dernier Alva Noto "emporte l'auditeur non moins que dans la dimension du sublime kantien".
-N'oublions pas que le dernier Air est "un parachèvement à la déprime hermétique" (p46)
- l'article qui débarque avec trois ans de retard sur le retour du rock psychédélique/progressif à New York. Je me demande pourquoi en ce mois de février 2007 ce papier débarque.
-Valérie Leulliot en album du mois. fabuleux. bienvenue dans le mensuel de la musique électronique. Bientôt Miossec en couverture. On sent que les journalistes ont du mal à accepter que tout disque à la mode n'est pas nécessairement électronique. Ils préfèrent tordre la raison d'être du magazine plutôt que de renoncer à couvrir les trucs hype les plus chauds.
Pris d'un scrupule le journaliste précise malgré tout que par le passé elle "n'a jamais rechigné à user de l'électronique". chouette alors.
-la chronique sur l'album de AntiMc, disque de hip hop auquel on reproche la présence de rappeurs, trop "braillards" (p. 66).
etc etc. j'en peux plus.
L'émission "Système disque" sur France Culture.
Ca se présente comme une émission qui se propose d'étudier les mutations du marché du disque, et en fait c'est une tribune offerte au monde des maisons de disque pour déplorer les excés du piratage et attribuer aux internautes la baisse des ventes de disques. On y plaide pour les drm, et tout le tralala. Atroce. J'y ai consacré deux heures de ma vie, et je m'en sens encore tout sale. Beurk.
A l'inverse, une bonne interview de Robin Rimbaud, alias Scanner, en podcast ici. Il y propose des réflexions intéressantes sur les mutations de l'industrie musicale, en faisant justement remarquer l'absurdité de la démarche des majors qui investissent des sommes folles dans l'enregistrement des disque, pour, à l'arrivée, promouvoir la vente de mp3 (protégés numériquement) à très faible débit, 128 kps dans le cas du itunes music store par exemple. A écouter.
mardi, décembre 19, 2006
Authentique
"Il n'est pas question de réanimer les cendres du conflit primaire "rock" versus "techno" (dont je suis le premier à dire qu'il n'existe plus tous les mois dans Trax, à l'instar du vieux conflit droite/gauche en politique) mais juste de cartographier ce qui fait des "musiques électroniques", un particularisme unique de l'écosystème culturel dans lequel nous vivons"
lundi, novembre 13, 2006
Achtung Zobi
Skatebard - Boyvox
Un des hurluberlus de Trax croit dévaluer Skatebard en disant de son disque que "malgré quelques fulgurances, il caresse plus l'oreille qu'il ne l'accroche". Ma foi, voilà une excellente illustration de l'axe Bergkamp/Rool évoqué dans le post précédent. Trax exemplifie avec brio la tendance à une conception traumatique du son, à une culture de l'impressif qui, c'est mon opinion personnelle, ne tient pas la route. On devine que derrière cette conception de l'écoute se cache une interrogation sur l'utilité sociale du disque, de type: "quel profit m'apporte ce disque?, contient-il le morceau que je vais pouvoir utiliser dans ma conversation du soir?, ou encore, me fournit-il, une nouvelle définition de la pop (formule traxienne relevée dans le dernier numéro)". Loin de moi l'idée de critiquer un primat accordé à l'innovation, mais encore faut-il laisser sa chance aux efforts les moins visibles; d'où, à mon avis, le retard systématique pris par Trax sur chaque nouveau mouvement significatif de l'electro.
J'ai découvert Skatebard dans un mix de haute volée exécuté par Michael Mayer (qui distribue l'album via son label), disponible gratuitement grâce à l''émission de radio new-yorkaise Beats in Space (podcastable). J'ai été immédiatement séduit par ce son disco digital, faisant la part belle aux superpositions de boucles tournant sans relâche, quitte à laisser penser que la construction du morceau manque de relief. Le morceau proposé ici joue avec les limites du concept de disco, avec son beat housey résolument midtempo, ultra nonchalant mais accrocheur, et ses harmonies de clavier à la limite de la dissonance, formées de nappes très longues à la hauteur changeante, opérant d'incessants glissements d'une note à l'autre. Même le gimmick vocal fonctionne comme élément plus narcotique que dynamique. On y retrouve malgré tout de vrais motifs de musique de club, en particulier dans les petits breaks qui ponctuent le morceau, achevant de le rendre hybride. Ce type de morceau, volontiers qualifié de "mental", très répétitif et n'utilisant quasiment que du synthétiseur, requiert un type d'écoute très spécifique, et justement Skatebard propose avec humour dans le livret de son disque: "this record is best experienced on a portable music player, on an evening walk in your nearest forest or park". Vous savez ce qui vous reste à faire.
