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samedi, avril 14, 2007

Skiplist #1


Deux messages en deux jours, je fais péter les stats en ce moment. Mais j'en ai gros sur la patate. je voulais profiter du post précédent, qui présente avec un brio peu commun un cas de sampling flemmard, au point qu'on se demande même pourquoi il est bon de donner un nouveau titre au morceau, pour évoquer des cas similaires. ça m'a donné ensuite l'envie de créer une nouvelle rubrique: la "skiplist", l'anti-playlist, la liste des trucs à éviter, la poubelle de la musique électronique du moment. Je sais que ça fait aigri, mais bon, ça divertit aussi hein. Je devrais peut-être attendre d'être un grand producteur d'electro pour dauber sur les autres mais là j'ai pas le temps.

c'est parti, dans le désordre:

1/ Phantom, de Justice. Les pouliches de Pedro Winter démontrent une inventivité en terme de sampling qui n'est pas sans rappeler les talents d'acteur de Patrick Bosso. Le morceau est écoutable sur le myspace de Ed Banger records. voilà l'original: Tenebre, par Goblin. La référence est sympa, on aime bien ressortir ses vieilles musiques de film d'horreur, c'est rigolo, mais quand on se contente de reprendre le thème en le tripotant un peu, de le garnir de quelques riffs saturés périphériques, de quelques touches de basse et pouf, a-t-on vraiment intêret de présenter ça comme un morceau original? je ne voudrais pas m'embarquer dans une discussion sur les mérites du sampling, je veux juste faire remarquer qu'en musique électronique la catégorie du remix est tout sauf honteuse, ce n'est pas de la création de seconde zone. Pourquoi ne pas juste avouer qu'il s'agit plus d'un Tenebre (Justice mix) que d'un Phantom? ça me dépasse. Le fait que je les trouve gravement surévalués n'est pas étranger à ce sentiment. J'ai écouté aussi "BEAT" sur leur myspace et ça me conforte dans mes idées.

2/ Chromophobia, de Gui Boratto. Franchement, quel mouche a piqué l'ensemble de la presse et de la blogosphère pour dire que ce disque est un des meilleurs albums de l'année? c'est quand même dingue qu'un tel agrégat de tracks poussifs et lourdauds s'attire autant d'éloges. Il doit y avoir un truc qui m'échappe. Il est marrant de voir que le titre qui semble cristalliser les qualités du disque soit le "beautiful life" de la fin du disque, sorte d'équivalent musical d'une tartiflette froide un lendemain de fête, ça pèse un peu quand même.

3/ Scratch Massive. No comment. Leur carrière brillante se poursuit.

4/Just Jack. J'ai même pas envie d'en parler.

5/ le deuxième album des !!!, Myth Takes . j'ai cru comprendre que certains l'apprécient, je peux le concevoir, cela dit, à mes yeux, avec ce disque, le groupe rentre dans le rang.

6/ Le nouveau maxi de Sex In Dallas. La maison de disque a beau agrémenter le tout d'un remix par Isolée, rien n'y fait. Déjà bien merdeux à son apparition comme fossoyeur de l'électroclash, le groupe inspire maintenant la pitié plus qu'il n'agace.

7/ tous les derniers maxi de Kitsuné. Pathétiques. mention spéciale au groupe Passions avec "Emergency". Quelle originalité!

8/ Tout Trentemoller. A éviter comme la peste. J'ai entendu dire que certains de ses fans sont morts étouffés dans la guimauve. info ou intox? dans le doute, abstenez-vous.

9/ Plein d'autres trucs.

vendredi, avril 13, 2007

ça médite le retour

hello,

je me baladais sur la grande toile quand soudain je trouvai ce blog:

Palms Out

on peut y écouter en intégralité certains des morceaux samplés par Daft Punk. et dans certains cas, ils ne se sont vraiment pas fait chier. ça donne à méditer. Je constate que mon impression selon laquelle le groupe avait affiné sa technique entre son premier et son deuxième album est assez fausse. D'autre part, confirmation que Robot Rock est un vilain remix qui refuse de dire son nom...L'original de Breakwater est tout aussi fun, avec ce riff tout fou et en plus un refrain catchy (cf jukebox). A titre de comparaison, une analyse du sampling de Sister Sledge ayant servi à créer Aerodynamic: ici. Le travail créatif y était plus évident. Au fond ça ne me gêne pas, mais bon, il faut appeler un chat un chat. Si Robot Rock n'avait pas été le lead single de l'album, ça serait pas grave. enfin bon. hein.

Faites passer à vos potos. poti. whatever

edit: j'ai poursuivi la lecture du post de palms out sounds, que j'avais parcouru en vitesse, et j'ai vu le petit débat qui anime les commentaires, encore assez vif pour un morceau déjà assez vieux, presque deux ans. c'est sans doute lié à la grande vitalité de la référence daft punkienne dans les développements récents des scènes musicales électroniques. beaucoup de groupes sont identifiés nouveaux daft punks, quand ils ne revendiquent pas eux-mêmes l' héritage. On se rend compte que ce qui se joue ici n'est pas seulement une manière de faire de la musique mais aussi certaine idée de la société, mélange encouragé par le groupe lui-même. le débat n'est pas inintéressant non plus pour cerner les positions des auditeurs sur des questions de sampling en musique.

Le morceau "robot rock" fait évidemment figure d'exemple chaud, vu la nature très minimale de la retouche des frenchies. Certains sont un peu dégoûtés de découvrir que tout le fun du morceau provient du travail d'un autre groupe. j'aurais tendance à me joindre à ce groupe d'auditeurs, dont l'un clame "i just realized there is no santa". toute l'astuce du groupe, le ressort principal du troisième album, est justement d'avoir poussé à l'extrême ce qui constituait une critique récurrente depuis leur éclosion commerciale: à savoir une méthode de travail basée très clairement sur l'emprunt, parfois éhonté, à des oeuvres préexistantes, et pas toujours de façon avouée.
Un des commentateurs de l'autre blog prétend qu'en lisant attentivement les notes de tous leurs disques on retrouve des crédits pour tous les artistes samplés. perso, j'avais acheté Discovery à sa sortie (soit dit en passant il reste un de mes disques favoris hein) et je me souviens assez nettement qu'en réalité un très petit nombre de samples sont déclarés dans le livret, la communication du groupe étant même basée à l'époque sur l'idée que contrairement à Homework, l'album était presque complètement joué. Quelques mois plus tard on avait compris que tous les morceaux sauf un ou deux tournaient autour d'un sample musical emprunté.

Human After All s'ouvrait donc sur ce truc de trois minutes, qui est réalité un sample mis en boucle avec, pour ainsi dire, rien autour. la démarche m'apparaît extrêmement roublarde, vu qu'elle a effectivement polarisé le débat entre les fans puristes louant la dimension quasi-conceptuelle de l'entreprise, en citant les titres des morceaux de l'album comme autant de preuves d'un discours exemplifié en action par l'album ( en gros, dénonciation ironique, cf titre de l'album décrivant exactement l'inverse de ce le disque contient, d'un mode de vie déshumanisé par la société médiatique de consommation, dénonciation d'autant plus probante que l'album lui-même entend rafler le pactole à moindre frais) et les autres, les pisse-vinaigres, les haters, qui n'ont pas compris. et comme souvent avec ce genre d'entreprise, quoiqu'on pense on a tort.
Avancer, comme je le pense, que l'argument est fallacieux, puisqu'au fond prouver ce genre de thèse en faisant cracher du fric au consommateur (tout le monde ne le télécharge pas, quoiqu'on en pense) est assez douteux, cela revient à faire comme si on n'y a rien compris. à l'inverse, célébrer leur disque comme démarche multimédia performative, en soulignant la cohérence du discours environnant la sortie, "on ne donnera pas d'interview, le disque parle de lui-même", c'est s'interdire de voir que le projet politique du groupe est sans doute secondaire et apparaît comme justification a posteriori d'une création paresseuse. dans tous les cas, c'est Daft Punk qui a raison. fils de pute. Comme quoi, même pour secouer les dancefloors, il n'y a rien de tel qu'un soupçon de politique. Vivement le prochain album, "Fuck Bourgeoisie" ou " Computer Le Pen", j'imagine, avec un single "money does'nt matter" qui samplera un discours de Guy Debord sur fond de Martin Circus avec un beat bien phat pour faire péter les enceintes. Là on pourra écrire "et le pire c'est qu'on adore!".

edit de l'edit: il me revient à l'esprit qu'à l'époque je m'étais fait pincer à la fnac en train de chourer l'album Human After All. il y a sans doute une métaphore politique là dedans, si on y réfléchit. forcément.

edit (ter): je viens de voir qu'il existe même un article de la wikipedia sur la chanson, prouvant encore, si besoin était, que la démarche a fait mouche. l'article de la wiki est d'ailleurs assez rigolo dans sa tentative de démonstration de la pertinence du titre, en signalant par exemple que la face B fonctionne sans le sample, comme pour dire que, finalement, le reste ne doit pas être si pauvre ça pour remplir six minutes de plus.De manière assez marrante égalemet, l'article cite une phrase de la critique par stylus magazine, comme exemple de propos assassin ayant accompagné la sortie du single. pourtant, à lire la critique en entier on comprend qu'en réalité cette phrase, "a plastic guitar riff that does nothing, means nothing and goes nowhere for an unconscionably long time", entend démontrer au contraire l'acuité très postmoderne, et donc chouette, de la chanson.
c'est dire si l'on finit par en dire des conneries à force de parler de ce disque. c'est sans doute la force du groupe! non je déconne. pfff. au moins ça me redonne envie d'écouter Europe.